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N° 18 - DECEMBRE 2013
 
 
Petite gazette de fin d'année pour donner des nouvelles de ce que nous fabriquons dans notre coin de Cévennes, au pied du Mont Lozère, avec l'aide des gens d'ici et d'ailleurs.

Un des plus grands bonheurs quand on s'occupe des «ruches troncs», ce sont les échanges qu'elles provoquent, les passerelles inattendues qu'elles créent.

 
Au rucher de Saint Maurice de Ventalon
Au rucher de Saint Maurice de Ventalon
 
Va…
Via ce site qui nous relie avec vous : aux quatre coins de France et du monde, des gens se rencontrent, viennent redécouvrir cette autre manière d'élever les abeilles, et les pistes adaptatives qu'elle offre au matériel moderne.

Et le plus beau est que ça ne draine pas que des apiculteurs. Par exemple, sur le chantier de restauration du rucher de Saint Maurice de Ventalon, se sont greffées deux traductrices, une hollandaise vivant dans nos montagnes, et une lyonnaise de passage qui s'est spontanément jointe à nous.

 
…et vient
D'autres jours, c'est nous qui voyageons. Ce fut le cas récemment à Montpellier, invités par le Conseil Général de l'Hérault, à venir partager cette manière à la fois antique et très actuelle d'élever les abeilles. Nous appelons ça un «atelier conté» où on travaille et on parle ensemble. On raconte et on se raconte les uns les autres. Belle journée passée, au Château de Restinclières, à construire cinq nouvelles ruches troncs qui vont prendre place au côté des plus anciennes du rucher de Saint Maurice.

A l'occasion, une radio locale, libre, est venue à Restinclières poser quelques questions. Vous n'entendrez pas les cigales en fond sonore, mais ça vous donnera une idée de la chaude ambiance. Vous pouvez télécharger cette émission via le site www.radiolarzac.org.

Afin de relier un peu plus la plaine et la montagne, la campagne et la ville, celles et ceux qui ont creusé ces ruches viendront chez nous les repeupler d'abeilles au printemps prochain. Ce sera un jour de fête. Nous ferons en sorte qu'ils mangent bien et boivent du Clinton.

 
  «Atelier Conté» au Château de Restinclières – novembre 2013 – Photographies: Florence Richard
«Atelier Conté» au Château de Restinclières – novembre 2013 – Photographies: Florence Richard
 
A la recherche de l’abeille perdue ?
Attirés par notre travail de ressourcement autour des ruches troncs et des abeilles noires, des internautes nous écrivent, à la recherche d'abeilles noires issues d'élevage le plus naturel possible. C'est une demande fréquente qui nous touche, elle exprime une prise de conscience, un manque.

Il n'existe pas de solution magique pour remonter le temps, pour effacer 50 ans d'agriculture et d'apiculture intensive qui ont, entre autres dégâts humains, animaux et paysagers, généré le recul de l'abeille noire. Mais il demeure possible d'innover pour sortir du productivisme à court terme, qui sévit aussi en matière d'élevage d'abeilles. Il est possible de laisser plus de latitude d'expression au génie génétique des abeilles.

Cela signifie en clair, arrêter de courir après de la graine d'abeille prétendue performante, dans un schéma de dépendance vis-à-vis des marchands de semences, comme évoque très bien un apiculteur dans une émission de France Inter qui a eu l'intelligence de lui donner la parole (dernier tier de l'émission).
Cela consiste globalement à retrouver les savoir-être et savoir-faire avec les abeilles que nous avons sous la main, plus ou moins ou passablement noires, malgré toutes les introgressions génétiques de ces dernières décennies. Notre projet est que ces abeilles (qu'elles quelles soient) noircissent le plus possible. Qu'elles retrouvent leur rusticité, en intervenant le minimum et en favorisant leur concentration dans des lieux spécifiques.

Processus simple, dont l'efficience a souvent été mise en évidence par le Docteur Pritchard, actuel président de la SICAMM.

Aussi nous conseillons aux internautes en demande:
  • de rester en contact avec nous s'ils se sentent concernés par notre projet de centre de ressources coopératif d'abeilles noires.
  • de ne pas chercher trop loin, des abeilles noires survivent près de chez vous, dans les recoins de vos collines, dans les jardins ouvriers.
  • de se tourner vers des apiculteurs qui ne proposent pas de reines sélectionnées, inséminées, estampillées, etc. De se rapprocher de ceux qui travaillent avec «la locale», «la bâtarde», qui leur tombe du ciel directement des mains de l'Eternel.
Abeilles qui, selon les coins de France, sont encore, avec un peu de chance assez noires ou du moins passablement, par la robe et le comportement. Ce qui au fond est essentiel pour nous.

De même que pour le Cheyenne, il est essentiel que le cheval ait l'allure et le caractère du mustang. Qualités identifiables par les savoir faire transmis, l'expérience pratique et la connaissance sensorielle, autrement dit ce qu'il y a de culture dans l'apiculture.

Nous n'avons pas LA solution au problème de la raréfaction des abeilles noires. Simplement, en fonction des possibilités, nous expérimentons DES solutions. Pour cela, forcément, nous innovons un peu, avec le conseil de chercheurs de différents laboratoires et le soutien de responsables publics et privés, et surtout à la lumière des savoirs apicoles que nous ont précédés et de ceux qui sont encore parmi nous, invisibles et modestes, comme le sont ceux qui n'enseignent pas et se contentent d'être exemplaires sans chercher à l'être.

A travers la recherche d'autres abeilles s'exprime celle d'une autre apiculture. C'est pour y contribuer que nous travaillons à rendre visible et à repeupler ce magnifique rucher de Saint Maurice de Ventalon. Pour tendre une perche à ceux qui, comme nous ont envie de «sortir du cadre» des dogmes apicoles et des divers «ismes» de plus en plus indigestes. Il nous importe de raconter l'histoire de ce rucher, le savoir-être et savoir-faire de son dernier maître des abeilles, André Velay, père de Jean Paul et Gilbert, membres de l'Arbre aux Abeilles.

 
  «Atelier Conté» au Château de Restinclières – novembre 2013 – Photographies: Florence Richard
«Atelier Conté» au Château de Restinclières – novembre 2013 – Photographies: Florence Richard
 
Histoire sans (nos) parole: «Le plus beau pays du monde»
Nous avons assisté à une avant-première du film documentaire «Le plus beau pays du monde». Jacques Malaterre nous avait embarqué avec nos abeilles noires et nos ruches troncs dans cette belle aventure, avec d'autres «passeurs» comme il les appelle.

Récemment il nous a informé qu'il retirait son nom du film, n'étant plus en phase avec les pressions exercées sur son travail.

Voila, si vous voulez voir un film documentaire animalier à l'eau de rose, sans réelle profondeur ni sensibilité, "le plus beau pays du monde" passe sur France 2, le 17 décembre à 20h45.

Un certain gâchis qui reflète très peu ce que Jacques, avec son talent, avait pu capter.

***

Mais laissons là nos (dés)espérances télévisuelles et jouissons de toutes les choses simples, de cette période de fêtes et du retour de la lumière, si importante pour nous et nos abeilles.

Nous vous souhaitons un Noël plein de neige, de boudin blanc et de délicieux aliments, avec toutes nos amitiés de la montagne cévenole, de Bruxelles et d'ailleurs.

Avec une pensée particulière, en cette période de solstice et de bombance, pour le très festif professeur Jean François Narbonne, aussi brillant toxicologue que féru de kabbale. «Alimentaire» comme il le souligne malicieusement vient du sanskrit «Ali Men Tara». Ce qui relie «Men», l'homme avec «Ali», la lumière et «Tara», la terre.

A nos abeilles «alimentaires».

L'équipe de rédaction